annie's profileLa vie d'une artistePhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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March 23 LE CANCER DE L'AMEJ'en suis atteinte. Je n'en guérirai jamais : des métastases ont phagocyté tout mon être, âme et corps. Ti Clown prépare mes deux prochaines expositions. Elles seront sans doute les dernières. Je n'ai plus d'énergie, elle aussi a été mangée toute crue, comme de la bonne viande rouge.
Le cancer de l'âme exclut toute dignité. Je vais mourir, tout simplement, sans aide. Personne ne sera condamné. Comme je l'ai dit à Victor Hugo après le suicide de M. "on ne peut porter de jugement sur un acte aussi extrème. Ce n'est ni bien ni mal. C'est la faute à personne, comme c'est la faute à tout le monde".
En réalité, j'ai peur de mourir, sinon je ne solliciterai pas l'aide de Ti Clown pour survivre. Je pensais que c'était trop tôt. Peut être, mais j'en ai déjà fait beaucoup, le principal du moins. L'art est un domaine de recherche inépuisable. Vaut-il le coup de rester dans la souffrance jour après jour, heure après heure ? Alors ? Apprivoiser la peur. Rendre la mort ce qu'elle est à celui qui la réclame : le visage serein de la délivrance. Ce n'est même pas une question morale : Dieu nous laisse libres de décider. Je ne serai pas jugée pour mon acte, mais par le fait que l'amour de Dieu ne m'ait pas suffisamment comblée. Cependant j'espère qu'Il m'accordera la bienveillance de reconnaître ma lutte (j'en souris en écrivant cela. Inepties !).
J'aurai voulu être médium. Cela m'aurait aidée à continuer sur terre car je m'y serais sentie moins seule au lieu de ne parler qu'à moi-même. Je me sens regardée, réflêchie. Je sens aussi qu'il faudrait que je ma laisse glisser dans la folie, enfin... pas vraiment la folie, mais plutôt vers ce qui serait jugé comme une aliénation par les personnes extérieures ; en fait, plonger en moi profondément, sincérement.
Je ne sais pas comment : me replier ? Exploser ? Partir physiquement dans une longue marche ou sombrer dans le coma?
Les sens de ma vie ont volé en éclat.
Me laisser aller. Oui, mais comment ? Me laisser vivre ?? Je ne sais pas vivre ! Oh que si...
Vivre, c'est éveiller tous les sens et les tiens le sont. Ils l'ont toujours été. C'est ce qu'on appelle l'hypersensibilité et il est vrai que c'est parfois, souvent même, douloureux.
Etre en état d'hypnose constante alors ?
Laisser l'insconcience devenir conscience, lui ôter ses chaines. Pas de danger : tu n'es pas une tueuse. Sauf pour toi-même. Tu as le droit de vivre. Ta vie est ta vie, elle t'appartient, elle est. Et tu as le courage de l'explorer, même dans ses laideurs, ses défauts. Seulement tu ne vois pas, ou tu ne veux pas voir combien elle est belle aussi.
Merde alors ! Je ne veux pas trouver de solution pour vivre ! Fallait pas m'appeler, nous appeler alors.
....
Ecrit ! La mission de Ti Clown est de te faire vivre. La tienne est de vivre. Mais je ne le veux plus !!!
Ca te dérange hein ? De penser qu'il dépend de toi. Oblige toi à penser à ce qu'il adviendra de lui si tu meurs.
Ok.... je vais me relaxer, devenir une éponge. Merci, qui que ce soit. Mon coeur sourit à présent.
Tout ceci me rappelle les affiches à Paris où sotn rappelées les paroles de Jean Paul II, un homme, qui a dit : "N'ayez pas peur". March 17 Chez BaudelaireLa série de dessins intitulée Chez Baudelaire fut créée lors de mon hospitalisation à l'hôpital psychiatrique de Montesson, secteur Victor Hugo (unité des dépressifs). Je n'ai pas honte d'en parler car comme je le disais à la fin de mon séjour, lorsque j'entendis quelqu'un dire que ça ne ferait pas bien dans un CV d'écrire qu'on est passé par là, BIEN AU CONTRAIRE ! NOUS, nous avons eut le COURAGE de voir notre maladie EN FACE, nous avons pris conscience des incidences sur notre entourage et nous acceptons d'entendre des mots qui nous bousculent et même parfois nous font pleurer, mais qui nous guérissent. J'étais au bord du suicide, j'aurais pu m'exécuter puisque je n'ai pas peur de la mort ; mais alors je laissais seul mon fils orphelin de sa mère, ma mère qui n'en aurait certainement pas sortie, et mon ami Ti Clown qui en a assez bavé comme ça. Oui, ça m'aurait été facile... j'ai résisté. Aujourd'hui, je crois que je suis sortie d'affaire, même si de temps en temps, par réflexe, j'y pense lorsque survient un moment dur à supporter. Mais quelqu'un là bas, à Victor Hugo, a compris pourquoi je voulais me supprimer et pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré de joie ! Ce fut un moment qui me laissa dans un autre monde durant plusieurs jours : le noeud principal de mon mal avait été défait ; d'autres vont se défaire et ça a commencé. Ce fut une expérience tellement riche en émotion, riche en rencontres, en dialogues, en espérance et désespoir, puis en espoir et revie que je le raconterai dans un livre nommé Chez Baudelaire. Ce sera sous la forme d'un roman car durant cette hospitalisation j'ai été incapable d'écrire quoique ce soit. Il se passait tant de choses, et pourtant dans un rythme de vie si lent, et je me sentais tellement perdue au début, puis déboussolée tant tout mon être changeait dans sa façon de réagir aux évènements... au départ, je ne pouvais même pas dessiner, ni lire, ni même regarder la télé ! Mais je ne veux pas oublier les personnes qui ont croiser mon chemin : celui qui s'est suicidé, ceux qui sont partis sans être guéris, mus par la peur de perdre leur boulot, et ceux qui s'en sont allés avec un projet de vie. Notre histoire à tous ne s'arrête pas lorsque l'on quitte ce lieu, bien au contraire. Nous sommes un peu comme d'anciens toxicomanes qui retournons dans la vie réèlle et doivent maintenant vivre sans leur drogue. Il existe donc des chutes. Moi, hier soir, je me suis assomée de médicaments, suite à un coup de fil à mon ex-conjoint, homme avide et féroce. Je suis heureuse de l'avoir quittée et je n'en ai plus peur puisque je vais me défendre alors qu'avant je laissais trainer les choses, les fuyant certainement. Et comme ce matin je me suis réveillée, dans le coltard mais bien vivante, je sais que je me battrai. Evidemment, il y a la fatigue, j'ai repris mon travail de nuit tout de suite et l'on m'avait prévenue qu'il fallait y aller tout doucement.Mais je ne pensais qu'à ma peinture... et je suis en effet tellement crevée que je n'ai pu la reprendre ; je dessine tout juste un peu. Or, le plus important est que mon esprit continue sa révolution, et cette semaine j'ai pardonné à quelqu'un qui m'a fait beaucoup de mal : la liberté que cela m'a procurée ! Car il faut savoir que la dépression envahit tant l'esprit qu'elle fatigue aussi le corps. Alors quand un noeud se défait, c'est un champs plein de fleurs de toutes les couleurs qui s'ouvre à nous et je prends mon temps pour le contempler.... March 12 La quête de l'absoluSi cette quête pouvait avoir lieu dans une église, ce serait parfait. Hélas, elle est irréelle. Et pourtant, beaucoup la recherche, des années durant jusqu'à ce que la maturité nous apprenne l'horrible réalité : il n'existe pas. Ou du moins lors de cours instants, chez moi, c quand je réussis une toile, lorsque je me dépasse, que j'invente un nouveau style, ou que j'ai écrit de belles pages. Mais généralement cette joie est de courte durée : le lendemain elle n'est plus. L'absolu est un aspect très spécial de l'être, c'est encore mieux qu'un orgasme. Il procure la sérénité d'une journée bien accomplie et surtout le sentiment d'avoir fait le bon choix. Mais l'absolu s'évapore comme la rosée du matin lorsque le soleil grimpe peu à peu au plus haut du ciel. C'est parfois épuisant d'avoir toujours repartir à sa recherche. Voila sans doute pourquoi les gens qui ont passé leur temps à cette quête ne vivent pas longtemps.
Je suis en période de doute. Fragilisée par la haine de mon ex-conjoint qui ne veut pas me donner la garde de mon fils, je remets en question le sens de ma vie. Il est vrai que de ne pas avoir d'enfant est un plus pour la création. Néanmoins, cet enfant, je l'ai porté, je m'en suis occupée durant six ans et demi. Je ressens sa souffrance, son manque de maman, je ressens le martyr que nous impose à tous deux ce père tyrannique. Alors vais-je continuer à peindre ? Quel est mon absolu ? L'être ou la chose ?
Depuis 2 jours, je prends des médocs à tir l'arigot. Ce matin je me suis même dit que merde, j'étais encore vivante. Ce soir, je parts au boulot. Il me reste à faire 3 portraits mais souvent la nuit je cogite, je me morfonds et ça m'empêche de peindre. Je croyais être sortie de l'enfer, mais voilà que je replonge vers l'envie du suicide. Après tout, je ne manquerai pas à grand monde. Je crois en un au-delà. J'en ai marre de coller par terre.
C'est peut-être ailleurs que je trouverai l'Absolu. March 11 SORTIE D'UN SAMEDI SOIR A PARISHier soir nous sommes allés au théâtre, oui messieurs dames ! Au point virgule ; et là je vais faire de la pub pour Jérome Daran (à ne pas confondre avec Dahan), hi-lla-rant ! Nous n'allons jamais au théâtre, vu que nous sommes sourds mon compagnon et moi-même, mais les amis qui nous ont invités nous ont assuré que la salle était petite et s'étaient arrangés pour que nous soyons devant. Effectivement nous en avons bien profiter, nous étions au 2ème rang, heureusement... à cause des postillons, hihi ! Jérome Daran a vraiment du talent, il se crée des personnages différents, il a du punch (1h30 à tenir !), il sait s'adapter aux aléats du spectacle : quand il se rend compte qu'il a jeté un gros postillon... il s'arrête, emet un léger sourire et...recule de deux pas ; ou alors quand un teléphone portable lui coupe la parole, qu'il en oublie son texte, il plaisante en attendant de reprendre le fils de son histoire. Et puis évidemment, comme le dit l'affiche, on reconnait bien le style jeux de mots façon Ruquier mais aussi à la fin le style de Coluche. Vraiment, je ne sais pas comment il arrive à s'y retrouver avec toutes les situations qu'il raconte : y'a un gros travail derrière ! Bravo Jérome ! (j'ose...).
Quand nous sommes sortis, il était 23h30 et nous avons déambuler dans un Paris presque désert, j'adore ça. C'est vrai Aby, Paris est vraiment une ville magnifique. Vers minuit, nous avons même trouvé un resto qui servait encore : Nos ancêtres les gaulois. Bon, mais gras. Là j'ai retiré mon appareil auditif dont l'embout neuf m'irritait et nous avons fait comme nous avons pu pour comprendre nos amis et le serveur : on a bien rigolé, à cause des malentendus ! J'ai encore des progrets à faire en lecture labiale...
Puis nous sommes rentrés en métro (le monde qu'il y avait encore à cette heure tardive !) et nous avons racompagnés mon amie et sa fille. En rentrant chez nous, nous sommes passés devant l'hôpital où j'ai séjourné presque 2 mois. J'y ai vécu des instants remplis d'émotions, rencontrés des gens intéressants. Bref, je fus prise de nostalgie. D'ailleurs, il se peut que j'y retourne : je ne suis pas encore complètement remise. Ce soir je dois téléphoner à mon ex au sujet de la garde de mon fils. Cet homme me hait, je crains ce coup de fils depuis 3 jours. Je crains aussi de ma réaction si cet homme refuse ma requête (reprendre la garde de mon fils).
Comme pas mal d'artistes, je suis d'un caractère entier, mais fragilisée par cette relation qui fut un désastre, et la rupture pire encore. Je repousse d'heure en heure cet instant. March 10 NON C'EST PAS SI FACILE !Non ! A que non, c'est pas si facile d'être un artiste ! Vous trouvez normal vous, qu'il faille débourser 600 euros le week end pour une galerie d'art à Paris, sans garantie de vente ? On dit toujours de mes toiles : "OOOOOOh mais qu'elles sont belles ! Quel talent ! Tu as de la chance d'avoir un don, etc". Oui j'ai de la chance et j'utilise ce don qui m'a été donné et que j'ai travaillé. J'ai même changé de boulot pour lui : je suis devenue veilleuse de nuit, pour avoir le temps de le dévelloper, parce que ça ne vient pas tout seul, un tableau ! il faut dessiner, beaucoup, réfléchir quel style lui donner (en plus j'en ai plusieurs), puis les couleurs et y travailler jusqu'à ce qu'il donne satisfaction. Parfois même il m'arrive d'en laisser de côté, des années durant, avant de les retoucher. Mais je n'ai pas les moyens d'aller dans une galerie. Alors je vais essayer plusieurs site du Web. J'appartiens à une association de sourds qui expose, mais il n'y aura pas de place avant juillet et comme j'habite dans un studio, je ne dispose guère de place pour en stocker davantage. Frustration, colère, découragement, sont les sentiments qui m'atteignent parfois. Alors je dessinerai comme je l'ai déjà fait il y a deux ans lorsque j'économisais pour m'acheter mon ordinateur portable. Je pensais faire un sacrifice, et finalement je me suis bien amusée, comme quoi.... J'ai aussi écrit des livres qui viennent de m'être retournés, sauf celui qui concerne la peinture...que je n'ai pas encore envoyer. Ce qui m'enerve le plus ce sont les gens qui me disent : "attends, je vais me renseigner auprès d'untel, peut être qu'il pourra t'aider". Je n'ai jamais vu d'untels ! Je me sens seule, parce que je créée ce qui n'a jamais été fait. Je pourrai vivre en peignant des portraits, mais quel ennui... Je pensais qu'en étant près de Paris j'aurais plus de chance ; or Paris n'est plus la capitale mondiale de l'art. C'est New York. Alors j'irais bien dans le sud, c'est moins onéreux et la lumière est si belle, toute l'année. Paris, c'est maintenant une ville de bobos, inintéressante. Dommage, elle est encore si belle.... |
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