Profilo di annieLa vie d'une artisteFotoBlogElenchiAltro Strumenti Guida

Blog


17 aprile

Le veilleur

 

 

le veilleur

 

 

LE VEILLEUR

 

 

Quel bel homme !….

N’Est-ce pas ?

Moitié rubans, moitié bulles d’air, perché sur la montagne. Sur quoi veilles-tu ?

Sur les scorpions, les serpents, animaux ou humains.

Que de travail alors !

Comme tu dis ! Ça fait longtemps que je suis là, je m’enracine dans la roche, à dominer le monde, le regard lointain. Le danger est partout, surtout quand tout à l’air calme !

C’est si vrai !

Rester vigilant, telle est ma devise ! On n’est jamais trop prudent. L’attaque vient toujours lorsque l’on ne s’y attend pas. Le malheur aussi.

Et le malheur est la concentration de toutes les attaques.

Pas toujours, mais si on laisse faire, il le devient, et alors il nous ronge de l’extérieur et de l’intérieur. Veiller, c’est vouloir rester en vie. Veiller la nuit, le jour. Veiller sur soi, les siens et les peuples.

Ça doit être fatiguant …

C’est épuisant ! Mais je ne peux pas faire autrement, je suis né pour faire ce job. Comme les fourmis travaillent avec acharnement sans penser à elles, je veille sur tout sans me soucier de moi. Donc, je ne ressens pas l’épuisement. Je suis comme la roche, immuable.

Immuablement beau…

Dis donc ! Ne serais-tu pas tombée amoureuse de moi ?

Euh… je suis séduite par le mystère, les regards qui portent au-delà, justement ceux qui voient au-delà des apparences, le corps faussement prisonniers de tissus amples se laissant bercer par le vent. Et la montagne ! Tu sais : j’ai fait de l’escalade !

Ah oui ?

Oui, enfin, juste un an. Mais j’avais trop la trouille de tomber. Pourtant, ce que je préférai dans ce sport était la descente en rappel et non la montée. Faut dire que j’allais bientôt descendre dans les profondeurs noires de mon esprit….

Et qu’y as-tu trouvé ?

Le soleil ! Le ciel bleu ! toi ! J’ai regrimpé la pente années après années et me voici te dessinant en haut d’une roche !

On est mieux là n’Est-ce pas ?

Certes ! Mais il m’arrive parfois de redescendre de temps en temps…

Moi aussi ! Il faut bien se reposer, se ressourcer, vérifier la justesse de ce qu’on a pu observer la haut.

Mais c’est parfois si différent en bas que l’on est obligé de remonter.

Attention ! Si tu restes trop longtemps en bas, tu risques de t’alourdir avec des pensées plus sombres, à l’ombre on s’embrume, on prend froid….

Alors il faut veiller aussi à remonter à temps. Être toujours vigilant, en vérité.

Je te le dis….

16 aprile

Sahel

SAHEL

sahel 

Mais comment tu m’as peinte, mère ! Je suis si laide ! Ce ne sont pas des yeux que j’ai, mais deux billes rondes et vides ; et mon enfant, idem ! On a l’œil au beurre noir, c’est affreux ! Et quels contrastes entre nos vêtements bleus et le fond rouge ! Et encore sur nos visage, aucune douceur, aucun dégradé !

Oh là ! Pas d’affolement ! Sais-tu, Sahélienne, que tu es la seule toile que je ne vendrai jamais ?

???

Eh oui ! Je te considère comme la plus réussie de mes œuvres, la plus authentique.

Quel Est-ce prodige ? Où me trouves-tu de la beauté ?

La beauté n’a rien à voir en peinture, seule compte l’émotion et ici, l’empathie que nous avons eues toutes deux lorsque je t’ai créée comme une sorte d’osmose entre nous deux. Je t’ai peinte d’après une photo et en effet dans le livre tu parais moins dramatique. Mais moi ce que je sais du Sahel n’a rien de drôle ni de touristique. La vie y est rude, voir impossible parfois.

Comment le sais tu ? Tu n’es jamais venue nous visiter.

C’est vrai, pourtant l’envie de m’en manque pas. Mais je le sais au travers des informations que nous recevons de tous pays. Je connais le tien et les infamies de toutes sortes qui le frappent. Je connais aussi un peu de votre culture et franchement, vous m’épatez ! Vous êtes si dignes, vous parvenez à survivre et à propager à vos enfants vos si belles coutumes, vous les femmes, tissez de si beaux linges et les hommes fabriquent de si beaux objets…

Excuse moi, mère, mais ça ne se voit pas tellement dans le portrait…

Il est vrai que je me suis laissée envahir par mon sentiment d’injustice, de mon empathie avec la réalité pour aller au-delà du cliché. Tu sais que chez nous on vend le désert comme une bouteille de lait ? On s’en fout un peu de votre misère puisque nous croyons faire ce que nous pouvons avec nos aides humanitaires… Mais le soleil tape toujours aussi rudement au travers de vos robes, d’où le rouge que je lui ai donné. Et la vie est souvent incertaine, dure, sans pitié, d’où la rudesse de vos traits et le fouillis de vos vêtements.

C’est la vie. N’en n’est-il pas ainsi chez toi ?

D’une certaine manière oui. C’est pourquoi j’ai gardé le style sorti de mon travail presque hypnotique en te peignant, toi et ton enfant. Tout est fouillis dans la vie. On croit maîtriser les évènements, mais c’est un leurre. La vie est dure par chez nous aussi, elle nous use, nous éprouve. Nos consciences sont malmenées, nous vivons un tournant dans nos cultures. Nous ne savons où nous allons, sauf certains comme moi et c’est droit dans le mur !

Alors, dans un sens, nous sommes pareilles, toi et moi ? Angoissées, dans l’incertitude, luttant pour survivre ?

Oui, j’ai aussi un jeune enfant, et je ne sais vers quel avenir je le mène.

Qu’importe après tout ! C’est l’angoisse de toute génération. Tu as donné un sens à ta vie comme à la mienne. Nos enfants feront de même.

Nous sommes mères, nous sommes belles malgré l’angoisse, malgré les tourments car nous sommes puissantes de vie. Nous l’avons transmise malgré l’incertitude de chaque jour et jusqu’à notre mort nous porterons cette responsabilité comme un fardeau.

12 aprile

Un American'staff à vendre

Des amis à moi vendent un ravissant petit American'staff pucé à 500e, c'est pas cher, parce que sa queue est un peu trop petite, mais n'est-il pas mimi? Sur les photos, vous pouvez voir son papa en noir participer à des concours et sa maman en marron que j'ai eu l'occasion de rencontrer, un amour....
11 aprile

Le soleil

   Le soleil revient et mon sourire avec. Nous sommes à découvert, pas sûr que le chèque pour le loyer passe mais il faut croire que l'habitude de telle situation vienne aussi. "Après la tempête, les oiseaux se remettent à chanter", lorsque je regarde mes animaux, si insouciants dans leur cage, ne se demandant pas si demain ils auront leurs graines, je deviens un peu comme eux. Nous sommes en vie, je peux encore écrire, voire peindre ou dessiner, ce ne sont pas les papiers qui me manquent, j'ai encore de quoi acheter de l'essence pour 3 semaines, j'ai toujours YouTube pour écouter de la musique...après bien sûr, nous ne mangeons pas ce que nous voudrions mais nous sommes de plus en plus nombreux dans cette condition. "C'était mieux avant" ai-je entendu aux infos au sujet du franc par rapport à l'euro...ça me rappelle les Irakiens et les Russes regrettant la dictature...c'est ça l'histoire, elle avance, parfois sans nous. Nous faisons partis des loosers, sauf si nous protestons en faisant avec ; nous sommes entrés  dans l'ère de la débrouille. Ti Clown et moi pour le moment survivont ainsi, nous avons trouvé la notre. Cependant faudrait pas que ça dure encore trop longtemps...
 
Quand  j'étais jeune, j'étais si mal que je m'inventais des histoires et les écrivais.J'aimerais bien recommencer, délirer,juste pour le plaisir. Des histoires de dingues, de borderlines, de gens sur le fils du rasoir entre la folie et la raison. Après tout qu'est-ce que la raison sinon une certaine folie maitrisée ?  Mes angoisses viennent que j'aimerais tout maitriser après une enfance sans emprise, alors que tout est illusoire et aléatoire : il faut sans cesse s'adapter, rien n'est certain, rien n'est acquis que de savoir  se laisser bercer sur la vague changeante de la vie. En tout les cas, j'ai mon monde : l'art graphique, c'est une chance mais c'est comme la respiration, ça ne m'aide pas à vivre, c'est mon monde mais il ne me décroche pas de la réalité. Il me fait unique,c'est tout. J'aimerai me laisser aller  à divaguer complètement, que cela me prenne tout mon temps pour oublier....
03 aprile

Larmes

  Larmes, colère, envie de tout foutre en l'air.Hier mon psychiâtre m'a suggérée de travailler tout cela avec mon psychologue. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à être en paix avec toutes mes émotions? Je le sais en partie, ça remonte à très loin, à la petite enfance et la raison première qui me vient à l'esprit est la conséquence de ma surdité : j'ai été opérée maintes et maintes fois et j'ai vécu cela comme des viols car jamais cela ne m'était expliqué. Même à 15 ans, sur le chemin pour essayer une prothèse auditive, je ne savais pas où j'allais. Peut être n'avais-je pas entendu ; mais mon père avait coutume de nous répondre, lorsque mon frère et moi allions quelques part et que nous demandions où, "Chez Dash". Dash était une marque de lessive, ça ne voulait rien dire. A 20 ans  je me souviens en ouvrant le frigo avoir vu une seringue dans un compartiment et j'ai fondu  en larmes. Ce n'est qu'à 21 ans que j'ai pris le controle de ma vie, en partant,  en prenant mes propres décisions. Petite, je n'avais prise sur rien, même pas sur mon propre corps.Mais vous savez comment sont les enfants: ils acceptent et endurent car ce que font leurs parents est bien pour eux. Les notres s'intéressaient à nous, nous étions suivis et soutenus lors de nos devoirs, nous avions des loisirs, l'été ils nous emmenaient à l'ile d'Oléron ou à Fourras. Nous étions aimés, à condition de suivre et surtout d'être controlés, d'obéir. Lorsque mon frère rentrait trop tard d'un de ses chez copains, il était puni et devait aller au lit sans manger. Quant à moi et mes opérations, je ne me souvient plus de grand chose, sauf que ça ratait toujours. Je me souviens lorsque l'on m'a retirée mes végétations : j'étais attachée à une chaise semblable aux chaises éléctriques des condamnés à morts, j'ai même réussi à libérer une main. Je me souviens aussi une fois lorsqu'un imbécile de chirurgien, le docteur Flandrin sans doute, m'enlevait les fils. J'avais tellement peur que j'appelais ma mère en hurlant et celui ci m'a giflée sur l'oreille.
 
Tout ça et encore bien d'autres choses restent enfouis en moi et certainement alimentent la haine que j'ai envers tout, moi et le monde entier.
 
Plus tard à l'adolescence, mon père fouillait dans  nos chambres. J'ai révé une nuit qu'il me violait sur un tronc d'arbre, c'était (dans le rêve) l'automne, il faisait beau mais nous étions entourés de feuilles mortes et le tronc d'arbre couchés par terre était humide et froid. Sur la droite, un peu en retrait, ma mère regardait, impassible.
 
Le viol. Un viol n'est pas toujours sexuel.